Donc,voilà comment on l‘ appelait : « THE SPUNCK » !
Il se souvient bien, tandis qu’il attend sur le ring son troisième adversaire, que sa première réaction fût de maudire le con qui avait pu penser à un tel surnom ridicule ! Un jeune employé l’avait amené ce jour là hors de la foule hystérique. Il avait commencé à reprendre ses esprits tandis qu’il montait les marches toujours soutenu par des bras vigoureux. Arrivé à l’étage, il était entré dans une large pièce réservée aux combattants victorieux. Plusieurs divans étaient installés près d’une large baie vitrée, permettant aux combattants de s’y reposer tout en regardant la suite des programmes. Une télévision allumée à côté de chaque sofa retransmettait les combats. De minuscules écouteurs jetables étaient mis à disposition des guerriers. Des jeunes femmes dénudées, surnommée ‘’les infirmières’’, préparaient au fond de la pièce les trousses de soin d’urgence, les cocktails et bien d’autres choses. Son jeune accompagnateur le fit asseoir. Tandis qu’il se détendait, il vit, d’en haut, deux membres organisateurs traîner le corps sans vie de son adversaire pour l’empiler sur les trois précédents tués.
Brewal se rappelait de ce jour où il assista à la défaite d’Angel Face. Après le combat, il retrouva lentement son calme tandis qu’il regardait le corps de son héros mort au combat. Quand les deux organisateurs traînèrent son bel Angel Face, il suivit des yeux le flot de sang qui s’étalait sur le sol tandis que les deux malabars éloignaient de lui le seul être qu‘il ait aimé à sa façon. Il fut surpris de voir les deux mecs saisirent l’un les jambes, l’autre les pieds, et jetaient ce magnifique athlète sur les autres cadavres comme s’il s’agissait maintenant que d’une simple carcasse de viande ! Après réflexion, il se dit qu’effectivement ce n’était plus que ça ! Il suivit lentement la traînée rouge pour le voir une dernière fois. Les gens ignoraient complètement ce tas de vaincus qu’ils avaient pourtant,quelques heures avant, applaudi ou hué ! La plupart d’entre eux discutaient maintenant ensemble ou allait s’acheter de l’alcool au bar. Brewal ne comprenait pas cette indifférence. Arrivé près des corps empilés, il se mit à regarder chacun d’eux. Trois précédents combats avaient eu lieu en son absence. Il n’avait pas pu y assister. Il fallait acheter un billet particulièrement onéreux pour chaque combat. Ce jour là, il pouvait ne s’acheter qu’ un seul. Et il avait choisi bien entendu le combat d’Angel Face contre un nouveau venu. Le beau jeune homme était en haut de la pile. Sa main gauche recouvrait partiellement sa musculeuse chair éventrée tandis que la droite pendait, touchant le cou d’un corps sans tête. Il ne put voir complètement les autres vaincus. Les yeux fermés, pour mieux se concentrer, Brewal caressa tendrement les pectoraux encore chauds puis les pressa pour mieux en sentir leurs volumes. Une voix féminine annonça les noms des futurs combattants et rappelait que les enchères étaient ouvertes pour ce dernier combat. Il sût alors qu’il devait partir. Il ouvra les yeux et retira sa main avec difficulté. Il s’éloigna lentement, à reculons, ses yeux ne pouvant pas se détacher de ce monticule où gisait celui qui hantait ses rêves d’adolescent, puis, se retournant avec peine, il se rua vers la sortie.
Chaque combattant attendait son tour dans une salle individuelle particulièrement spacieuse et insonorisée. Différentes armes étaient rangées contre un mur. Sébastien, surnommé ‘’ le Divin Marquis’’, en raison de sa cruauté légendaire, attendait son prochain combat avec angoisse,tristesse et peur tout en se demandant quelle arme les organisateurs allaient lui imposer. Voici plusieurs heures qu’il s’entraînait avec chacune d’elles, ne sachant pas laquelle il devrait prendre. Son coach lui avait donner ses dernières instructions et les drogues autorisées. Mais ce soir, il n’en prendrait pas. Il n’aurait ce soir aucun plaisir à tuer mais que du chagrin. Il avait commencé son entraînement par le moutchakou puis la hache de combat, les poignard et enfin l’épée. Il avait aussi utilisé les altères. Ces exercices l’empêchaient de penser à l’horreur qu’il allait commettre ce soir. La porte s’ouvrit. Il commença doucement à pleurer.
Il se rappelait aussi d’avoir assisté au dernier combat de cette journée. Comment l’aurait il pu l’oublier ? Il avait mis les écouteurs et il entendit une voix féminine annoncer le prochain combat. Le silence se fit. Si chacun savait le nom des combattants, personne ne savait avec quelles armes ils allaient s‘affronter. La seule règle était que les combattants aient les mêmes. La hache de guerre ! Formidable arme ! Les guerriers étaient autorisés à prendre avec, un petit bouclier. Une jeune femme lui soignait sa blessure pendant qu’il regardait entrer, sous les clameurs du public, les deux combattants, Le Noble Marquis et L’éventreur, tous deux torses nus, la hache d’une main et le bouclier de l’autre. Le goût du sang lui revint dans la bouche et il sentit l’excitation du combat envahir tout son être Il devait être encore sous l’effet de la drogue ! Les centres d’entraînement au combat avaient l’autorisation d’en donner, normalement prohiber aux autres citoyens, hormis les militaires. L’une des drogues obligatoires utilisées par tous les combattants, gladiateurs ou militaires, était une sorte de Super-Viagra. Elle permettait d’associer la violence avec le plaisir, rendant les guerriers, ivres du plaisir de tuer, impatients à combattre. La jeune femme, maintenant, lui masser les muscles.
Sébastien monta le premier sur le ring. Son surnom fut acclamé ! Ses yeux commençaient à se brouiller à mesure que les larmes perlaient sa joue. Les caméras devaient être fixées sur lui. Est-ce que les spectateurs pouvaient les voir ? Il semblait que non. Son regard cherchait son adversaire. Dès qu’il le vit arriver, il essuya les larmes du revers de son avant-bras.
Dès que L’éventreur fut appelé à monter sur scène, la foule le hua. Si elle préférait Le Divin Marquis, c’est parce qu’elle prenait plaisir à voir un combattant aussi sadique. Ce guerrier ne cherchait pas à tuer au plus vite. La foule voyait bien que ce gladiateur prenait un plaisir évident à blesser en plusieurs endroits, à prolonger le combat, afin d‘infliger d‘autres violentes blessures . Quand elle vit son premier affrontement, elle ne s’attendait pas à un tel carnage ! Un sentiment de pitié se répandait parmi les spectateurs. Il semblait si jeune ! Pas spécialement fort, il faisait plus penser à un jeune lycéen qu’à un guerrier aguerri. Le combat se faisait au poignard. La foule hua l’entrée de son adversaire qui allait sûrement gagné ! Ce dernier avait tué tant d’adversaires. Il était bâti tout en muscle. La foule se mit à encourager le petit jeune. Mais dès les premières passes d’armes, elle se demanda si elle avait, peut-être, mal jugé le nouveau. Il se déplaçait d’abord lentement puis avec grâce et agilité il se trouvait d’un coup dans le dos de son adversaire sans que celui n’est eu le temps de réagir. La foule applaudit en se demandant si elle fait le bon choix concernant la mise. Le gamin donna un coup de pied violent dans une jambe, suivi très rapidement d’un autre, obligeant le géant à se retrouver à genou. Le jeune enserra de son bras gauche le cou de son adversaire et, avec la lame de son couteau, il transperça la base des pectoraux. Il se mit à rire d’un plaisir sadique tandis que la foule cessa d’applaudir et de crier. Dans un silence presque religieux, elle entendit le cri de douleur du géant et le rire pervers de l‘adolescent. Ce dernier tranchait lentement le muscle pectoral de bas vers le haut jusqu’à ce que son adversaire lâche son couteau. Dès que l’arme de ce dernier eut touché le sol, contre toute attente, la foule vit le jeune retirer son arme au lieu de l’enfoncer puis elle le vit se relever et dansait de joie face à son adversaire criant de douleur. Un tonnerre d’applaudissements retentit alors. La foule sut que ce jeune serait un grand champion Ce fut l’un des combats le plus long. Le gamin ne laissa aucun moment de répit à son adversaire, infligeant des blessures à la cuisse, au mollet, au cul, aux biceps, au visage accompagnant chacun de ses coups d’un cri de joie et d’un rire à glacer le sang de n’importe quel monstre ! Quand il jugea bon de terminer le combat, il poignarda le géant au ventre et lentement découpa un des muscles abdominaux, jusqu’à que mort s’en suive. La foule vit que le petit désirait voir dans les yeux de son ennemi la vie le quitter. Puis la foule l’acclama, le porta, le félicita bien que leurs mises, pour beaucoup d’entre eux, furent ce soir là perdues. Les spectateurs découvrirent grâce à lui le plaisir sadique de la mort lente. Ils trépignaient depuis d’impatience en attendant le prochain combat de celui qui fut surnommé ‘’Le Divin Marquis’’.
La jeune femme ne le massait plus. Il sentit q’elle commençait à le caresser, tendrement, à presser chaque muscle de son corps plus pour l’exciter que pour l’apaiser. Elle semblait se désintéresser du drame qui se jouait plus bas. Tandis qu’il regardait les adversaires prendre place, il sentit de doux baisers sur son cou. Il retourna légèrement la tête afin de la voir. Elle était jeune et belle. Ses seins pointaient. Elle lui dit quelque chose qu’il ne comprît pas, les écouteurs ne transmettant que les huées de la foule.. Elle se remit à le caresser, à l’embrasser et à masser chacun de ses muscles. Cela faisait partie du travail ’’d’infirmières’’ dans les centres de combats. Il repensa alors à son jeune adversaire qu’il venait juste de tuer. L’avait elle rencontré ? L’avait elle aimé ? Après tout, il était beau garçon. Il se demanda ce qu’elle devait penser en ce moment. Avait elle espéré voir Angel Face franchir la porte plutôt que lui ? Bien des ’’infirmières’’ devaient ce soir le pleurer ! Et ne le caressait elle pas lui en bonne professionnelle tout en pleurant son secret amour ? Il se posa cette question tandis que le combat débutait. Il préféra le regarder sur la télévision.
Le Divin Marquis était connu pour son sadisme. Si la foule semblait l’apprécier, il savait qu’il était redouté de tous les autres gladiateurs. Oui, il aimait faire souffrir. Et alors ? Il connaissait bien son adversaire. Sébastien savait que ’’L’éventreur ’’ plaisait aux filles. Quand à lui, il n’en avait pas connu. Certes, il n’était pas vilain garçon. Mais, il était plutôt attiré par les garçons. Il en aimait un par-dessus tout. C’était un beau garçon, avec un visage magnifique, une musculature de rêve qu’il aimait caressée. Il était intelligent, spirituel. Ils se retrouvaient fréquemment chez l’un ou chez l’autre. Kévin, c’était son prénom, avait la même passion que lui pour les combats. Ils en parlait souvent avant de faire l’amour. Il caressait son beau corps musclé tout en lui parlant de ses derniers combats, frappant tendrement sur le corps de son amour les endroits où il avait infligé des blessures. Bien que Kévin redoutait que Sébastien se fasse tuer, ce dernier savait que son amour était dans la salle. Juste en face de lui, sur le ring.
lundi 15 novembre 2010
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